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Épluchures de pomme de terre au compost : oui, mais comment ?

Les épluchures de pomme de terre vont-elles au compost ? Découvrez les bons gestes, les cas à écarter et le protocole simple à suivre dès aujourd’hui.

Épluchures de pomme de terre déposées dans un composteur de jardin avec feuilles mortes
Sommaire

Où vont vos épluchures de pomme de terre ?

Dans quel état sont vos pommes de terre ou leurs épluchures ?

Temps de lecture estimé : 6 minutes

Points clés à retenir

  • Les pelures saines se compostent, les tubercules malades sont à écarter.
  • Coupez les morceaux à 5 cm maximum avant de les ajouter.
  • Enfouissez les pelures à 10 cm et recouvrez-les de matières brunes.
  • Visez environ 70 % de biodéchets pour 30 % de déchets bruns.
  • En cas de doute sanitaire, choisissez la collecte des biodéchets.

Peut-on mettre des épluchures de pomme de terre au compost ?

Oui, les épluchures de pomme de terre au compost ne posent aucun problème quand elles sont saines, en quantité raisonnable et bien mélangées. L’ADEME le rappelle simplement : tous les aliments se compostent. Les pelures n’échappent donc pas à la règle.

Alors pourquoi tant de sites parlent-ils d’interdiction ? Parce qu’on mélange deux situations. D’un côté, les pelures de cuisine, propres et fraîches. De l’autre, les déchets de pommes de terre malades, qui peuvent transporter des maladies jusqu’au potager.

Voici la grille de décision que j’applique chez moi :

  • Au composteur : pelures saines, crues ou cuites, coupées en morceaux.
  • À la collecte des biodéchets : pelures douteuses, ou composteur trop petit, trop froid ou mal suivi.
  • À écarter : tubercules malades, pourris, tachés ou suspects de mildiou.
Épluchures de pomme de terre : où les mettre ? : Pelures saines : au composteur, Cas douteux : collecte biodéchets, Tubercules malades : à écarter, Risque de repousse : à éviter, Bon équilibre du compostOuvrir l’infographie en grand

Les épluchures de pomme de terre à ne pas composter

Le premier critère est sanitaire. Une pomme de terre tachée, pourrie ou suspecte de mildiou ne va pas dans un composteur de jardin. Si le compost sert ensuite au potager, vous risquez de redistribuer le problème dans vos plates-bandes.

Le deuxième critère est la repousse. Voici ce que j’évite :

  • les tubercules entiers et les morceaux portant des yeux ;
  • les pommes de terre germées en grande quantité ;
  • les pommes de terre vertes ;
  • les apports très humides déversés d’un seul coup.

Ces déchets ne sont pas « interdits » pour autant. Ils relèvent simplement de la collecte des biodéchets, ou d’un compost bien chaud et surveillé.

Préparer les pelures avant de les ajouter

Un bon compost commence à l’évier. Je trie d’abord les épluchures et je retire les fragments épais de tubercule, qui sont les vrais fauteurs de repousse.

Ensuite, je coupe ou je hache. Bruxelles Environnement conseille de ne pas dépasser 5 cm pour les matières à composter. Des morceaux réguliers se décomposent de façon homogène, sans former de paquets compacts.

Dernier point, très concret : ne laissez pas les pelures croupir plusieurs jours dans un seau fermé. Elles fermentent, sentent mauvais et arrivent au composteur déjà détrempées. Je vide mon bac tous les deux ou trois jours.

Comment incorporer les épluchures dans un composteur

La méthode compte plus que la quantité. Voici les gestes dans l’ordre :

  1. Enfouir les pelures au centre du tas, à 10 cm de profondeur minimum d’après LeCompost.com, et à 15 cm pour les fragments de pomme de terre.
  2. Recouvrir de matières brunes, c’est-à-dire des matières sèches et riches en carbone : feuilles mortes, broyat, carton brun non imprimé.
  3. Fractionner les apports plutôt que de vider tout le seau d’un coup.

Le Réseau Compost Citoyen indique environ 30 % de matière sèche par rapport aux biodéchets dans un composteur domestique. Fractionner évite le tassement, les odeurs et l’excès d’humidité.

Maintenir un compost actif et équilibré

Les épluchures sont des matières humides : elles sont riches en eau et en azote, et se décomposent vite. Elles doivent donc être équilibrées par des matières brunes. Le même réseau donne un repère simple : 70 % de biodéchets pour 30 % de déchets bruns.

Je brasse ensuite le tas régulièrement pour y remettre de l’oxygène. Sans air, le compost s’asphyxie et pue.

Pour l’humidité, visez une éponge essorée : humide au toucher, sans eau qui coule. Si le tas est détrempé, j’ajoute du carton brun déchiré. Dans un compost actif, des pelures fines disparaissent en 3 à 6 semaines selon LeCompost.com. Ce délai varie avec la chaleur, l’humidité et le brassage.

Limiter les maladies, germinations et nuisibles

Si votre compost contient des déchets de pommes de terre douteux, ne l’utilisez pas au potager. Je le réserve alors aux massifs d’ornement ou je le laisse mûrir plus longtemps.

Un tas qui monte en température aide beaucoup. À l’inverse, un compost froid et négligé laisse survivre les germes et les repousses.

Contre les rongeurs, deux réflexes suffisent :

  • protéger le composteur, par exemple avec un fond grillagé ;
  • recouvrir systématiquement chaque apport alimentaire.

Quand le compost est mûr, le Réseau Compost Citoyen conseille de l’épandre sur 1 à 5 cm d’épaisseur, ou de le griffer dans les 5 à 10 premiers cm du sol.

Composteur de jardin, compost partagé ou lombricomposteur : quelle solution ?

Le composteur individuel

Il convient si vous avez de la matière brune à disposition, si vous brassez et si vous couvrez les apports. Sans ces conditions, mieux vaut passer à la collecte des biodéchets.

Le compost partagé

Ici, les règles locales priment. Les composteurs de quartier sont plus exigeants sur la structure : le Réseau Compost Citoyen évoque près de 50 % de broyat à chaque apport. Renseignez-vous auprès des référents du site avant de déposer vos pelures.

Le lombricomposteur et le bac de collecte

Pour de petits volumes ou une situation à risque, le lombricomposteur ou le bac de collecte sont des solutions simples. Dans un lombricomposteur, je n’apporte les pelures qu’en petites quantités, bien coupées. Au moindre doute sanitaire, elles vont au bac de collecte.

Ramené à l’échelle d’un chantier, c’est comme une cloison : mieux vaut peu de matériaux bien posés qu’un tas jeté en vrac. Les épluchures de pomme de terre au compost fonctionnent de la même façon.

Questions fréquentes

Les pommes de terre germées vont-elles au compost ?

En petite quantité, oui, à condition de les couper et de les enfouir profondément, à 15 cm minimum. En grande quantité, ou avec de nombreux yeux, le risque de repousse justifie plutôt la collecte des biodéchets.

Peut-on mettre des pommes de terre cuites dans le compost ?

Oui, elles se compostent. Coupez-les en morceaux, enfouissez-les et recouvrez-les de matières brunes pour éviter les odeurs et les rongeurs.

Combien de temps les épluchures de pomme de terre mettent-elles à se décomposer ?

Des pelures fines se décomposent en 3 à 6 semaines dans un compost actif, selon LeCompost.com. Ce délai dépend de la chaleur, de l’humidité et du brassage.